Dans une installation en schéma III, la mise à la terre des appareils passe par le conducteur neutre au lieu d'un conducteur de protection séparé. C'était la pratique courante jusque dans les années 1970. Depuis 1985, ce n'est plus considéré comme l'état de la technique — et depuis 2021, ça change la fréquence de vos contrôles.
Il n'y a pas de demi-mesure. Dès qu'une partie de l'installation est en schéma III, la période de contrôle de l'installation entière tombe à cinq ans, même si tout le reste est en TN-S.
Beaucoup d'appartements rénovés après 1985 sont déjà en TN-S, alimentation comprise. À l'inverse, un immeuble refait en surface peut avoir gardé son ancien câblage. Seul le contrôle tranche.
Rénover un appartement en laissant l'alimentation en schéma III, c'est refermer les murs sur le problème. Le moment le moins cher pour assainir, c'est quand ils sont déjà ouverts.
Les faits, avec leur source. Rien de plus.
Depuis le 1er janvier 2018, les parties d'installation en schéma III sont contrôlées tous les 5 ans. Depuis le 1er juillet 2021, cette période de 5 ans s'applique à l'installation entière dès qu'elle contient une partie en schéma III. C'est le chiffre 4.2 de la directive ESTI n° 225.
S'il n'y a pas de défaut, nous délivrons le rapport de sécurité, avec une période de cinq ans. C'est la dernière : au contrôle suivant, l'installation devra être en TN-S. Ces cinq ans sont le temps dont vous disposez pour organiser les travaux.
L'ESTI constate que ces installations ne correspondent plus à l'état de la technique et présentent un risque nettement plus élevé. Il en découle qu'elles devront être assainies et passées en système TN-S. La période de cinq ans n'est pas renouvelable indéfiniment : elle laisse le temps d'organiser les travaux, pas de les reporter.
Le propriétaire est responsable de la sécurité de son installation et doit faire éliminer les défauts sans délai (art. 5 al. 3 OIBT). S'il laisse une installation en schéma III en connaissance de cause, il en supporte les conséquences civiles et pénales en cas d'accident.
Les titulaires d'une autorisation de contrôle sont tenus de rendre les propriétaires attentifs à cette responsabilité et de recommander des mesures d'assainissement. C'est pour ça que nous vous le disons par écrit, daté, avec le rapport — et pas seulement de vive voix sur le pas de la porte.
Sources : directive ESTI n° 225, version 0824, en vigueur depuis le 1er août 2024 · ordonnance sur les installations à basse tension (OIBT, RS 734.27) · ordonnance sur le courant fort (RS 734.2).
Deux exceptions que la directive nomme, et qu'on oublie souvent de vous dire.
La liaison entre le coupe-surintensité d'abonné et le tableau n'entre pas dans le champ de la directive. Elle n'est donc pas la raison qui fait basculer votre installation à 5 ans.
Les installations réalisées en système TN dont les conducteurs font au moins 10 mm² en cuivre (16 mm² en aluminium) ne sont pas visées non plus.
Une installation en schéma III correctement réalisée protège. Le problème, c'est ce qui arrive ensuite.
Un neutre interrompu, une phase et un neutre intervertis à une boîte de jonction, un pont oublié dans une prise : dans les trois cas, l'enveloppe métallique des appareils raccordés se retrouve sous tension. Et ces trois situations arrivent, parce que ces installations ont été modifiées pendant cinquante ans, souvent par des non-professionnels.
On ne peut pas simplement ajouter un différentiel dans le tableau pour rattraper le coup. Les prises à différentiel intégré protègent la prise, pas les canalisations, pas les points lumineux, pas les appareils raccordés à demeure.
La mesure d'isolement, qui est ce qui permet de juger de l'état d'une installation, ne peut se faire qu'au prix d'un effort disproportionné dans une installation en schéma III. On mesure donc mal ce qu'on ne peut pas voir.
Photovoltaïque, batterie, borne de recharge, compteur communicant : ces équipements supportent mal une installation en schéma III, et beaucoup de ces anciens circuits ont encore une gaine en coton, qui vieillit mal.
Cinq ans, ce n'est pas une éternité. Pendant cette période, chaque transformation — une cuisine, une salle de bains, une rénovation partielle — demande une annonce d'installation et un contrôle de réception. Autant d'interventions, autant de frais, sur une installation qu'il faudra de toute façon reprendre.
Le raisonnement inverse est souvent le bon : si des travaux sont prévus, on profite du chantier pour reprendre le tableau et le câblage. Le surcoût du moment est presque toujours inférieur à la somme des passages qu'on évite.
Nous n'avons rien à vendre là-dedans. Nous ne faisons pas les travaux, nous ne touchons rien sur ceux d'un autre. C'est justement ce qui rend le conseil utilisable.
Un rapport de sécurité est établi par partie d'installation : dans une PPE, un rapport pour les parties communes et un par appartement. Un lot en schéma III fait passer ce lot à 5 ans — pas forcément tout l'immeuble. Savoir lesquels sont concernés change la façon dont vous budgétez.
Le contrôle le dit avec certitude. Un indice fiable en attendant : si la période de contrôle de votre installation a déjà été ramenée à 5 ans, c'est qu'il reste des parties en schéma III. Le conducteur neutre jaune est l'autre signe classique.
Non, pas dans l'immédiat. S'il n'y a pas de défaut, votre installation est validable une fois encore, pour cinq ans au maximum. C'est au contrôle suivant que le passage en TN-S sera exigé. Ces cinq ans sont donc le temps dont vous disposez pour l'organiser — idéalement en le faisant coïncider avec des travaux déjà prévus.
Oui, s'il n'y a pas de défaut qui empêche de garantir la sécurité. Le rapport porte alors une période de cinq ans. Si la sécurité n'est pas assurée, aucun rapport n'est établi tant que les défauts ne sont pas levés.
Non, pas dans une installation en schéma III. La protection différentielle n'y est pas réellement réalisable : les prises à différentiel intégré ne couvrent ni les canalisations, ni l'éclairage, ni les appareils raccordés à demeure.
Le passage en TN-S sera exigé pour que l'installation soit à nouveau validée. C'est la raison pour laquelle il vaut mieux inscrire ces travaux au budget maintenant plutôt que de les découvrir le jour du contrôle.
Un contrôle, un rapport le jour même quand l'installation est conforme, et une réponse claire sur le schéma III. Forfaits annoncés à l'avance, sans supplément kilométrique.
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